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ABI-ALFA
Last updated: 12 décembre 2023 9h28
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32 Min Read
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V. POUTINE à Riyad après le Premier Sommet Arabe-Afrique

Le leadership se repositionne, leçons d’un nouveau départ

Pour un coup d’essai, le premier Sommet Arabe-Afrique fut un véritable coup de maître. Comme nous l’annoncions il y a quelques semaines sur notre site, sur initiative de l’Arabie-Saoudite, il se tenait du 11 au 12 novembre 2023 un sommet entre l’Afrique et l’Arabie-Saoudite. C’est le premier du genre dans l’histoire de la géopolitique arabo-africaine. Apeine les rideaux sont-ils tombés sur cette rencontre qu’un géant de la planète visite la même capitale, Ryad. La coïncidence est trop forte pour que ce soit un simple hasard de calendrier même si les confrères de Jeune Afrique attribuaient cette visite au pétrole et à la guerre Israélo-palestinienne. Les enjeux peuvent être plus importants et nous estimons qu’il y’a des leçons à retenir. Ce n’est pas le moment de parler du rang mondial de la Russie de Vladimir Poutine ni de l’ambitieuse emergence de l’Arabie. Apres avoir démystifié l’occident et démolie ses anciens clichés mondiaux, la vraie première puissance du monde redéfinit les cartes et elle se reconstruit les partenaires avec qui faire marche ensemble. La Russie sait avec qui elle peut compter. Nous ne voudrions pas conjecturer sur les motifs de la présence de ce leader en Arabie Saoudite.

Contenu
V. POUTINE à Riyad après le Premier Sommet Arabe-AfriqueLe leadership se repositionne, leçons d’un nouveau départ

L’actualité mondiale est assez éloquente pour que chacun se fasse sa petite idée. Alors, pour ce qui est de la dernière rencontre Afrique-arabe, nous disions tantôt que l’initiative tient à cœur les autorités saoudiennes. Celles-ci ont mis à contribution les grands moyens, alors aux grands évènements, les grandes places. C’est donc la capitale Ryad qui ouvrait ses salles de conférence à ce sommet entre l’Arique et l’Arabie. Les Autorités n’ont rien fait à moitié. L’hospitalité est authentiquement arabo-musulmane. Si les organisateurs attendent des résultats à la hauteur de leurs ambitions, la satisfaction des invités parle déjà d’elle-même. D’un côté comme de l’autre, les ingrédients sont réunis pour évaluer le succès de la rencontre et prévoir l’avenir de l’initiative. Ce n’était pas un sommet de trop où on n’écoute que de bons discours et promesses souvent sans suite. C’était du concret et les invités n’en demandaient pas mieux. Ils étaient nombreux, personne ne voulait se faire conter une telle opportunité. C’est une randonnée de la gestation d’un partenariat qui réunit pays arabes et africains. Au moins les présidents de quatorze Etats d’Afrique étaient de la rencontre. Le Togo et son Président ne se feront pas conter le rendez-vous. Il en était de même du Président ivoirien Alassane Ouattara, du Président guinéen Mamadi Doumbouya ou encore celui de la transition gabonaise Brice Clotaire Oligui Nguema. Même les pays en transition difficile ou en guerre contre l’extrémisme dit religieux, malgré ce qu’ils traversent, ont eu le temps matériel pour aller prêter une oreille attentive à l’initiative de Ryad. Les révolutionnaires du Sahel ne sont donc pas du reste. Et ils sont de plus en plus présents avec une voie ambitieuse et un leadership qui s’accroit. Personne ne voulait rater cette opportunité de prendre un train à la gare à partir de la ville de Ryad.

Autant le Royaume saoudien multiplie ses partenaires, autant il multiplie ses projets et impose sa marque aussi bien en interne qu’à l’international.

En interne, et en externe, les porteurs de la rencontre de Ryad, veulent s’imposer comme un recours, c’est bien évident. Mais, ne se présente pas comme un recours qui veut, mais qui peut. L’Arabie-Saoudite se donne alors les moyens de ses ambitions géopolitiques et géostratégiques. L’autorité publique impose son image en interne en répondant aux attentes des populations par des projets économiques et surtout environnementaux dans un pays désertique. En externe, il fait tout pour se démarquer des discours non tenus. Parfois même, comme ce fut le cas à Ryad, la tenue des promesses précède les discours. Et ceci s’exprime à travers des projets à la taille des ambitions princières d’un royaume qui ne badine pas avec son rang international, son leadership et son image interne. La rencontre qui a duré deux jours a eu pour cadre le Centre International des Conférences Roi Abdoul Aziz de Ryad.
Développement et prospérité: Agriculture, éducation, santé et assistance humanitaire : c’était la thématique. Les sujets de développement en ont meublé une bonne partie des échanges entre les pays partenaires qui ont décidé de se retrouver pour poser autrement les sujets de préoccupation et d’intérêt communs. Le chéquier s’est ouvert au grand souhait des bénéficiaires. Pour douze pays, un montant de 580 millions de dollars US est libéré. Le Fond Saoudien pour le Développement, SFD, a mis la main à la poche pour le grand sourire de certains membres. Le sultan, son excellence Al-Marshad signait alors 14 projets de développement avec 12 Ministres africains dont vous avez la liste complète au communiqué de Presse publié sur notre site. Concomitamment à ces accords, des mémorandums d’entente avec des corporatives et la finance africaine se sont invités aux travaux. Les 14 projets financés à l’entame de la rencontre couvrent, entre autres, les secteurs de la santé, de l’eau, de l’éducation, de l’industrie et la réhabilitation de structures déjà en place dans certaines régions africaines. Le Sultan a exprimé sa ferme volonté de poursuivre dans la veine des aides aux secteurs clefs qui impactent le développement et le bien-être social des populations africaines. Le Royaume est habitué à la grande hospitalité et à la largesse envers celui qui est en besoin. Tout ceci n’a donc rien de surprenant. Ce n’est pas la première initiative de MBS, Mohamed Ben Salman. Le prince est bien dans la ligne des habitudes implémentées par ses prédécesseurs. Mais, MBS a drastiquement décidé de prendre ses marques, de faire la différence afin de laisser son emprunte personnelle au sommet d’un Royaume.
On peut citer à son actif, l’initiative verte du nom de l’emblématique projet de reboisement en cours au profit du monde entier afin d’un écosystème plus clément. Ce programme vert, c’est depuis 2021 et Ryad en abritait déjà le sommet avec la participation de nombreux chefs d’Etat et responsables gouvernementaux. C’est une initiative qui ambitionne de soutenir les efforts de la communauté internationale dans le domaine de l’environnement et du climat afin de protéger la planète terre. Les responsables des grandes entreprises mondiales y étaient de même que les leaders des organisations internationales. La volonté politique ne connait pas de situation fatale. Pour les Saoudiens, même quand la nature tourne le dos à l’Homme il est encore possible de lui arracher un sourire. Les aléas liés souvent à l’action de l’homme ne doivent pas être considérées comme une fatalité au point de pousser la planète à démissionner face aux changements de l’écosystème. La politique de MBS, c’est donc l’ambition de réaliser un impact mondial durable sur les changements de la nature, quels qu’ils soient. Le projet vert veut bien planter 50 milliards d’arbres. Ce sera le plus grand programme de reboisement dans l’histoire du monde. Il permettra à terme de restaurer 200 Millions d’hectares de terres dégradées. Le projet prévoit réduire les émissions de carbonne de 60% au Moyen- Orient soit 10% de la réduction des émissions mondiales. Cet ambitieux projet de reboisement s’est annoncé avec le début concret de 450 millions d’arbre plantés et la restauration de 8 ha de terres vulnérables déjà couvertes. La désertification constitue une menace capitale à l’économie de la région et du monde, c’est un constat. Mais les leaders de la région refusent de prendre cette menace pour une fatalité de la nature. Ils ne tarissent pas d’initiatives pour y parvenir. MBS s’impose comme le fer de lance de ceux qui veulent donner le bon exemple à toutes les zones qui peuvent être concernées par ce choc climatique. Il faut rattraper le désert, c’est possible. Pour réussir ce projet, la capitale Ryad ne sert pas seulement de lieu de conférences, elle est aussi une ville pilote, une vitrine pour démontrer que c’est possible. Avec la volonté, rien n’est trop osé. Si avec un tel projet titanesque déjà en marche pour un désert vert, la capitale saoudienne peut profiter et réhabiliter son couvert végétal urbain, pourquoi pas ?

Le projet saoudien de rénovation du centre-ville de Riyad vient alors à point nommé et rentre donc dans la ligne droite de l’initiative.

La ‘’New Murabba’’, c’est-à-dire, le nouveau carré en langue arabe, c’est un projet visant à bâtir à Riyad le plus grand centre-ville moderne au monde. Sur une superficie de 19 km², le royaume ambitionne d’y construire musées, opéras, théâtres, salles de concerts, galeries d’art, universités et autres lieux culturels. Bref, une forêt équatoriale fabriquée par l’homme en plein désert. Dans la veine de ses ambitions, on peut en plus citer le plan « Vision 2030 » que le Royaume a lancée pour diversifier l’économie saoudienne. La capitale de l’Arabie saoudite tire donc déjà un large profit de cette politique verte qui a un important rôle à jouer pour la Vision 2030 dans la visée de la diversification de l’économie saoudienne et la domestication de la nature qui ne doit pas se rebeller contre l’homme. Le but immédiat est de créer du confort urbain dans l’espace public puis d’accroitre la convivialité. Il faut restaurer les Wadi dans leur dimension naturelle et agricole. Il faut créer une véritable gestion durable du cycle de l’eau et créer de nouvelles filières économiques locales. Le chantier de grande envergure pour la rénovation du centre-ville de Riyad qu’annonce le prince Mohammed Ben Salmane le 16 février 2023 n’est pas un lointain rêve. A tout ceci s’ajoute plus de centaines de milliers d’unités de logements. Le Roi d’Arabie saoudite, Salmane Ben Abdelaziz, c’est alors un vaste programme de travaux publics. En matière d’urbanisme et de gestion de l’environnement, la place mondiale de l’Arabie n’est plus à démontrer. Parmi les projets phares, il y a principalement donc le Green Riyadh. Il a pour but de faire de Riyadh l’une des villes les plus agréables à vivre au monde. Le plan de développement est porté par le fonds souverains saoudiens. Ce plan se donne aussi pour visée de diversifier l’économie nationale présentement trop dépendante de la rente pétrolière.
L’Arabie saoudite, ce sont aussi des mégalopoles futuristes, entre autres, celle du Nord-Ouest. Un projet de mégalopole, de la taille de la Bretagne, dans le nord-ouest du pays se pointe. Elle est entre la mer Rouge et une chaîne de montagnes qui culminent à plus de 2 500 mètres d’altitude. Cette cité, a un coût : 425 milliards d’euros et il s’articule en quatre villes. Parmi elles, The Line. C’est une ville de 170 km de long, 200 mètres de haut et 500 mètres de large. Elle relie la région de Tabouk au golfe d’Aqaba. La ville est conçue pour héberger neuf millions d’habitants. Elle est « différente de tout ce que la Terre a connu jusqu’ici ». La ville, en plein désert, est présentée comme une barre aux parois incrustées de miroirs pour refléter la lumière du soleil et la transformer en énergie. Elle promet de ne reposer que sur des sources d’énergie et d’eau renouvelables. La ville de Trojena, sera elle autre consacrée au « bien-être » et au sport. Sa construction devrait être achevée en 2026 et comprendra un lac artificiel d’eau douce et une station de ski. Elle aura le mérite d’accueillir les Jeux asiatiques d’hiver en 2029. Créés dans le cadre de l’initiative Saoudie-Vision 2030, ces projets s’inscrivent dans la lignée du programme « Quality of Life ».

Tous ces projets sont par ailleurs, en droite ligne avec les Objectifs de développement durable des Nations Unies. Ils permettront de créer des villes et collectivités plus durables et d’ouvrir la voix aux mesures urbaines de lutte contre le réchauffement climatique.

Au travers du verdissement de la plus grande ville du pays, les objectifs viennent servir des enjeux communs à de nombreuses métropoles dans le monde : amélioration de la qualité de vie, de l’environnement, développement des sports et loisirs, santé et bien-être, sécurité, participation et création de valeur économique.
L’initiative de verdissement permettra en particulier de réduire les émissions de CO2 et les températures dans la ville. La capitale saoudienne grandit déjà avec plus de 10 millions d’arbres plantés.

Remarque

L’Arabie c’est un pays désertique avec 45° à l’ombre, l’Arabie, c’est une chaleur caniculaire, mais la volonté politique refuse de croire à cette fatalité afin que la vie soit possible aux hommes.

Cette forte volonté se donne les moyens pour repousser cet aléa et créer des ilots de bonheur entre le soleil ardent et le sable brûlant. MBS est une parfaite illustration de cette volonté politique.

Contrairement aux pays côtiers, par exemple, où la nature s’occupe des arbres, en Arabie et au Moyen-Orient, c’est l’homme qui doit s’occuper de chaque arbre planté. Chaque arbre doit être arrosé comme une fleur de jardin. Le plus souvent, au pied d’un arbre se trouve un petit robinet qui goutte à débit mesuré tout le temps que durera l’arbre. Ceux qui ont dejà visiter ces zones sont nos temoins. Il y pleut une fois par an. Mais ils n’ont rien à envier aux pays côtiers et forestiers d’Afrique ou d’ailleurs.

La seule chose qu’ils envie est qu’ils soient obligés d’acheter à coût de faramineux budgets ce que la nature offre gratis ailleurs. Pour Mohammed ben Salmane, la nature n’a pas d’obstacle, c’est la mauvaise volonté de l’homme qui est un obstacle.

Même les montagnes arides du pays, il faut en tirer profit.
Le Néo-Mustakbala, c’est des îles artificielles, rien n’est trop grand pour être possible. Pour finir, le projet baptisé SINDALAH quand à lui se veut l’avant-garde du tourisme de luxe en mer Rouge avec des hôtels haut de gamme. L’image de l’Arabie-Saoudite c’est aussi la Al-Ula. Le complexe archéologique et culturel. Que dire encore ?
Ce qui manque le plus à l’Arabie Saoudite et ses voisins, c’est bien une nature clémente. L’absence de la clémence de la nature est comblée par la clémence des dirigeants compatissants au quotidien de leur peuple et des peuples d’ailleurs. L’hostilité de la nature est bien comblée par la volonté politique des dirigeants. Des dirigeants qui sont soucieux du bien-être de leur peuple et des autres peuples du monde. Ce n’est pour rien qu’à un moindre signe du doigt, les autres pays accourent vers ce grand désert devenu un Eldorado.

Quand les Arabes visitent nos régions, émerveillés ils sont de voir des forets pousser naturellement. Surpris ils sont de voir une saison pluvieuse qui s’étend sur deux, trois, sinon quatre mois de pluie qui tombe naturellement du ciel. C’est la BARAKA à portée de main pour eux, ils n’arrêtent de louer Dieux pour cette largesse envers nos régions. Alors, si la nature a béni le sous-sol saoudien et arabe du pétrole et du gaz, elle a aussi béni le ciel africain de ses pluies.

Les pays arabes ont leur minerai seulement au sous-sol, l’Afrique dispose ses minerais aussi bien dans le ciel que dans le sous-sol.

Commentaire

Mais que font nos dirigeants de ce précieux minerai qui tombe naturellement du ciel alors qu’en zone moyen-orientale, il est une denrée rare qui tombe une fois par an dans la plupart des pays ? Les jours de rares pluies en Arabie Saoudite, par exemple, sont des jours de dégâts. Les torrents d’eau y ravagent beaucoup de choses. Mais quels que soient les dégâts causés, les pluies y sont des évènements célébrés, des jours fériés. Ça n’arrive pas souvent, cette manne qui tombe du ciel. Ironie de la situation, ce sont ces pays qui investissent une bonne partie de leur budget nationaux pour financer les pays africains en projets d’eau et d’agriculture. Dans ces pays désertiques les populations mangent les meilleurs fruits de plus en plus cultivés sur place. Dans nos pays, le fruit dans une ration alimentaire est un luxe réservé à une certaine classe sociale. Ce n’est pas une plaisanterie c’est une réalité. C’est une bonne chose que nos dirigeants accourent à chaque appel de l’Arabie, du Qatar ou du Koweït. Mais que faisons-nous pour capitaliser ce que la nature nous donne gratuitement ?

Quelle leçon ils tirent de leur politique pour rendre heureux leurs citoyens? Il faut qu’un jour nos relations soient aussi basées sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant que sur l’assistanat. Qu’est-ce qui se fait dans ce sens ?
Certes, chacun prend soin de ce qu’il n’a pas. Alors, les sahéliens et pays desertiques prennent soin de leur végétation. Ils en prennent tellement soin qu’ un pays comme le Burkina-Faso a desormais un couvert végétal plus important que celui du Togo à qui il vent une bonne partie de ses fruits et produits maraîchers. Le Moyen Orient quand à lui recycle ses eaux usées pour inventer une végétation précédemment absente, des forets en plein désert. L’allure que prend le milieu arabe doit pousser les dirigeants africains surtout côtiers à s’interroger, on doit commencer à en avoir honte un peu.
La gestion des hommes c’est un choix politique. Les pays arabes sont des monarchies déclarées et connues comme telles. Le père meure et le fils le remplace. Personne ne conteste, tout le monde trouve sa part dans la rente pétrolière, dans les revenus gaziers et autres biens publics, personne n’a faim.

L’ Afrique, surtout l’Afrique francophone et principalement le Togo retient notre attention sur cet angle senssible. Dans ce pays qui s’appelle Togo, les dirigents disent qu’ils ont fait le choix de la démocratie avec son cortège d’élections et respect de droits de l’Homme. Il n’existe pas de peine capitale et ceci et celà. Le pays est assis sur une zone sismique stable, mais la démocratie et ses élections sont devenues des catastrophes naturelles à l’image des séismes et autres tremblements de terre des environnements sismiques mouvementés. Depuis que le Togo existe en tant qu’Etat, aucun évènement naturel n’a fait 1000 morts. Mais les élections l’ont fait en 2005, avant 2005 l’avènement du vent de l’Est des années 90 l’on fait et les récentes mobilisations du 19 Août 2017 pour revendiquer un bien-être partagé aux citoyens l’on fait. Tous les jours, les citoyens quittent le pays. De tout le monde entier, toutes les statistiques s’accordent sur le fait que le Togo est le seul pays d’Afrique dont les citoyens sont le plus candidats à la fameuse politique de Loterie visa initiée par les Américains. Pour chaque citoyen qui réussit à cette fameuse loterie, qui n’est qu’un esclavage volontaire des temps modernes, c’est un sésame à saisir. Mais pour la Nation, c’est une faillite humiliante.

Quand la période arrive pour souscrire à cette loterie, tout le monde se bouscule, citoyens lambda et cadres de l’administration publique. Ils sont nombreux les agents de l’Etat qui vendent leurs maisons pour déménager vers les USA lorsque dame chance tend la main à travers ce triste programme. Dans la période où il faut postuler à la loterie américaine, les kiosques d’enregistrement se multiplient à chaque coin de rue dans les grandes villes. Ça paraît banal, mais ce ne sont pas seulement les chômeurs qui font acte de candidature. Nous sommes tombés sur le témoignage d’un candidat et son patron. Tous deux sont cadres d’une banque de la place dont nous gardons le nom. Le plus petit hiérarchiquement était déjà dans le coin pour se faire enregistrer quand est arrivé son supérieur hiérarchique. Chacun se cache de l’autre mais les regards finissent par se croiser et le petit de s’exclamer. « Patron vous aussi ! Moi je me cachais». Et le patron de répondre, « ah mon frère il faut penser à l’avenir des enfants».
Et ils sont nombreux ces premiers responsables qui ne pensent à l’avenir de leur progéniture que par rapport à l’extérieur, l’Europe ou les USA, la loterie visa. Nous connaissons des cas de directeurs de département au CASEF qui sont emportés par la loterie visa avec femmes et enfants dans la valise.
Quelle est la fierté nationale et humaine d’un Ministre, d’un cadre de l’Etat, d’un cadre de banque, qui après une carrière politique et professionnelle élogieuse pense au soir de sa carrière qu’il faut envoyer ses enfants en Europe pour être sûr de leur avenir ? Et pourtant c’est encore ces cadres qui paient cher pour des écoles qui assurent un avenir aux diplômés. Que devient l’enfant du citoyen ordinaire ? Quel héritage votre carrière aurait laisser aux prochaines générations alors? Chômeurs comme employés quittent le pays et le Togo est devenu depuis des années le seul pays dont les citoyens sont plus nombreux à l’extérieur qu’à l’intérieur. Imaginez qu’un tel pays était assis dans une zone désertique comme les pays du Moyen-Orient, ou ceux du sahel. Ce pays serait déjà devenu une ancienne cité. On se trouverait déjà devant une ruine que la curiosité touristique pointe du doigt « ici vécu le Togo». En Afrique, là où il n’existe pas de catastrophes naturelles, il existe les élections pour faire des dégâts humains, il existe l’incertitude politique, l’injustice sociale et politique pour remplacer les dégâts des catastrophes. Au Togo par exemple, il faut appartenir au petit cercle qui dirige pour avoir droit aux rares revenus du pays. Il faut regarder politiquement là où regardent les dirigeants pour manger, boire, se soigner, réussir dans les affaires, avoir droit un un emploi décent, contracter un prêt bancaire ou encore se loger décemment. La nature a assis le pays sur une zone qui n’est pas sismique, de surcroit à côté d’une plage et une mère qui ont tout pour rendre les habitants heureux. Mais au Togo les élections, le cynisme politique, l’absence de vision et l’accaparement des biens publics de la part des premières autorités parviennent à faire plus de dégâts que les volcans. Même les zones volcaniques sont encore habitées car tout le monde sait que quand finit une irruption, les coulées de laves sont une opportunité agricole partagée pour tous les habitants du voisinage. La mauvaise gestion fait plus de morts que les tremblements de terres. Pendant ce temps, les dirigeants refusent de se remettre en cause. Leur agenda pour développer le pays est basé sur les prêts suicidaires. Ils prêtent au nom de l’Etat pour se partager. On voit des prêts, on ne voit pas les réalisations. On contracte de nouveaux prêts pour rembourser les intérêts générés par d’autres prêts. Si ces prêts ne sont pas à taux criminels de la part des institutions internationales, ils sont des prêts où l’Etat met en gage des infrastructures publiques dans les pays arabes. Un Etat ne tombe pas en faillite, mais le Togo est en faillite, même le capital de confiance, qui fait la continuité d’un République, est érodé. Il faut nantir des immeubles pour prêter de l’argent public. Au mieux des cas, ils font la manche pour demander à faire manger, à habiller, à soigner et donner de l’énergie ou approvisionner leurs populations en eau. Quand ils obtiennent une aide ou un prêt, l’évènement est célébré, leurs médias en font des colonnes. Ils sont toujours aux grands rendez-vous entre deux cravates dans les rencontres arabes où ils ont tout à demander et rien à donner. Des pays qui n’ont pour fortune que leur pétrole mais la gestion partagée les rend enviables et ca n’inspire pas l’Africain. Après la rencontre de Riyad, le Togo était à Dubaï. Si Riyad avait sollicité M. Faure Gnassingbé pour venir applaudir l’atterrissage de Poutine, il y serait en courant. Faure Gnassingbé ne rate jamais un rendez-vous arabe. Mais qu’est-ce qu’il dit de nous à tout ce monde qu’il rencontre ? Tout est bon pour le meilleur des mondes possibles, mais aidez-nous un peu ? Quel est le devenir de son peuple qui habite ce petit Togo qui se déconstruit tous les jours? De grâce, il faut changer de gouvernance, le pays s’effrite dans vos mains. Même les pays qui ont connu les guerres ne sont plus à notre niveau de développement socialement et économiquement parlant. L’Europe et les pays arabes ont consenti des sacrifices pour être des références économiques. Le drame est que le train n’a pas envie d’arrêter les dégâts dans sa déroute. On ne détruit pas le pays qu’on dirige, quand on ne peut plus on laisse. Nous ne dirons à personne qu’elle traîne un gros nez ni une tête d’écureuil, mais il est regrettable que le capital moral quitte le pays où les polygames sans foyer sont des références. Le pouvoir ce n’est pas la belle vie, c’est le travail, les contraintes et les résultats. Le pouvoir, ce n’est pas s’acheter les armes avec l’argent des citoyens pour lutter contre ces mêmes citoyens. Ce n’est non plus l’art d’exiler les uns, de détenir les autres, de tuer les malchanceux et de taire la grande masse. On ne peut en obtenir qu’une paix des cimetières. Il faut que les dictatures africaines de la France arrêtent de fonctionner comme des braconniers qui vendent du gibier pour s’acheter les armes de chasse. Comme dirait l’autre, « qui travaille à l’autel vit de l’hôtel, mais il ne doit pas détruire l’Hôtel». Quand un pays tombe en faillite, sa population reste le dernier capital à partir duquel tout peut se reconstruire. Faites en sorte que votre pays continue à porter un grain d’ espoir en cette population qui régénère. De grâce, ne jetez alors pas l’eau de bain avec le bébé !!!

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